Expérience sociologique: libraire dans une librairie islamique

Le Coran n’est pas à vendre ! | juin 14th 2007

Ce reproche (ou cette injonction, c’est selon mes dispositions), je l’ai entendu à maintes reprises et autant vous dire qu’il m’a fait bondir bien haut, à chaque fois qu’il était émis. J’ai intuitivement bien reconnu ici ce penchant trop marqué chez les musulmans à interdire et à se positionner en moralisateur. Effectivement, les librairies vendent des Corans. Même les librairies islâmiques. Mais c’est tout à fait légal, comme on peut le voir ici. Ce qui m’intéresse ici, c’est plutôt ce réflexe des musulmans à vouloir systématiquement culpabiliser leur prochain, de toutes les manières possibles et imaginables. Je dois dire qu’en la matière, ils excellent.

Quel mal y a-t-il à vendre le Coran, parole de Dieu, dans la mesure ou un Coran vendu est un Coran qui profite à son lecteur, dont l’argent rembourse l’imprimeur et lui permet de perpétuer son activité et de l’améliorer, qui permet de faire vivre un libraire musulman, d’améliorer sa librairie et son choix de livres ? Quel mal y a-t-il dans tout cela ? Voit-on un musulman faire scrupule de ses achats à Carrefour, sachant que Carrefour vend aussi des produits considérés comme illicites dans la législation islâmique ? Cela ne m’est jamais arrivé. Bref, voilà bien une attitude injuste qui mérite d’être dénoncée.

Parallèlement à cela, j’en viens à avoir une approche positive de ce genre de remarques au sein des librairies islâmiques. Je ne crois pas que les musulmans osent faire ce type de remarques où que ce soit ailleurs, sans doute parce que la librairie islâmique est le commerce musulman par excellence: c’est le sanctuaire de la parole divine, avec la mosquée. Mais il serait bon de ne pas trop cultiver ce paradoxe, car il s’avère contre-productif.


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